Conférence par l'Abbé

Justin SEKATERA
Chancelier de l'Archidiocèse de Bukavu

"L'Ethnicisme, source des conflits et frein au développement"

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Conférence-débat du 14.11.2010

Thème : « L’ethnicisme, source des conflits et frein au développement. Quel est le rôle du jeune chrétien dans la construction d’une nation ? »

Modérateur : Joseph Amzati.


Animateur : Abbé Justin Sekatera.

En effet, après le mot d’ouverture prononcé par le modérateur, qui a fort remercié le chancelier de l’archevêque de Bukavu, Mr l’abbé Justin Sekatera qui a volontiers accepté d’animer cette conférence pour les jeunes universitaires ressortissants du diocèse de Kasongo y compris leurs amis des autres diocèses qui ont répondu favorablement à leurs invitations, l’animateur a pris la parole pour présenter son exposé.

Dans son exposé, l’animateur a commencé d’abord par poser à tous les jeunes la question suivante : « En quoi consiste le rôle du jeune universitaire dans la construction d’une nation ? ». Par la suite, il a développé les points ci-après :

  • 1. Vivre en tant femme et homme de Dieu tout en respectant les mœurs et les coutumes de l’autre :
  • La raison fondamentale est que nous sommes tous créés à l’image de Dieu quelle que soit notre diversité culturelle. Nous devons donc apprécier la valeur de notre être chrétien a-t-il insisté. Car, le chrétien ne se définit pas par rapport à une nation, à une coutume, à une culture, à une tribu, à une race, mais il se définit plutôt en tant qu’un « être créé à l’image de Dieu le Père. »

    Pour ce faire, lorsque nous sommes en face de l’autre, ne le considérons pas par rapport à sa culture, à ses origines, à son ethnie, à sa tribu, à sa race, à sa langue… puisque nous pouvons être tentés de rejeter notre frère, nos parents, nos amis à cause de l’argent qui fait naître en nous toutes les anti-valeurs possibles.

    D’où la vocation du chrétien consiste à aimer autrui comme soi-même. Le grand défi que nous allons lacer après cette conférence est de « Croire à la fraternité, solidarité de tous les hommes et combattre le virus du racisme qui ronge nos sociétés. »

    Un auteur disait : « La peur du chrétien n’est pas d’être minoritaire, mais d’être marginalisé.» Par exemple, le sel est minoritaire, mais il remplit toute la casserole.

    N’est-ce pas un proverbe luba affirme qu’ « Accueillir un étranger, c’est une chance ? »

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  • 2. La mobilité :
  • La mobilité apporte quelque chose de plus dans notre vie et dans notre milieu. Il s’agit du changement sur tous les plans, mais à condition d’accepter ce changement, car en étant à la rencontre d’autres peuples ou en accueillant les autres, cela nous ouvre les horizons et contribuent au développement de nos milieux respectifs.

    Luttons donc contre les préjugés. Nous sommes donc appelés à nous définir comme citoyens du monde, non en fonction de la race, de la culture, de la langue, de la coutume…, mais en rapport avec notre compétence. C’est pour cela que la plupart des peuples sont parvenus à se développer, tels que les Etats-Unis d’Amérique.

    3. Le travail :

    C’est le travail qui ennoblit l’homme. Il permet de nous prendre en charge. Ici encore, la compétence est de rigueur, car la société attend beaucoup de nous jeunes, futurs dirigeants et responsables de demain. Nous nous trouvons dans un monde où nous sommes appelés à vivre en interaction, en interdépendance, en interconnexion. Nous ne pouvons pas évoluer en vase clos ou tout seul. Le travail de l’autre, sa compétence, ses efforts peuvent apporter de changement et promouvoir notre propre développement.

    Par les organisations interrégionales (CEPGL par exemple), nous sommes invités à travailler en collaboration et en ayant confiance en l’autre.

    Si nous sommes congolais, nous avons besoin de recevoir les compétences du rwandais, du burundais, de l’ougandais, du tchadien, du zambien, pour ne citer que ceux-ci, …

    En définitive, nous sommes tous appelés à marquer l’universalisme dans l’unité des chrétiens. Les particularités, on ne peut jamais les supprimer, mais elles deviennent dangereuses lorsqu’elles priment sur l’universel. Notre humanité a plus besoin d’unité. Luttons contre toutes les antivaleurs raciales, tribales, culturelles… Le monde est devenu un petit village à cause de la mondialisation.

    Notons qu’après l’exposé intéressant de l’animateur, nous sommes juste entrés dans un vif débat au cours duquel les questions posées par les participants ont reçu des réponses satisfaisantes. Pendant ce partage d’expériences diverses, un verre de sucré a été offert aux invités pour rafraîchir la gorge.

    Signalons également que les invités étaient non seulement les jeunes du Diocèse de Kasongo, mais aussi les jeunes des diocèses de Bukavu, de Kindu, de Goma, de Beni-Butembo, d’Uvira, de Bunia et de Mahagi Nioka.

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    A la fin de la conférence-débat, l’animateur a remercié tous les jeunes étudiants présents et une photo en famille a été prise.

    Merci.

    Joseph Amzati.