LES JEUNES ET L’EDUCATION AU CONGO

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Cher lecteur, chère lectrice, bonjour !

Dans cet article, nous voulons comprendre les causes de la pauvreté chez les jeunes en République démocratique du Congo et si possible, trouver de solutions pour son éradication.

Au fait, l’une des causes majeures est le chômage. La tranche d’âge la plus touchée se situe entre 15 et 29 ans, et l’on constate une forte disparité entre les jeunes garçons et filles.

Outre, les conséquences de la crise économique, on observe l’inadéquation entre le système éducatif et le marché du travail. Notons ici une certaine forme de pauvreté liée à l’incapacité de penser un système éducatif adapté aux besoins actuels de l’emploi en pleine recomposition. Les jeunes n’ont toujours pas la chance de mettre à profit les enseignements reçus. Les personnes formées qui essayent de créer leurs petites entreprises ne trouvent pas les financements adaptés à leurs besoins. A cette difficulté, s’ajoute le phénomène du clientélisme qui prévaut aujourd’hui au Congo dans le monde de l’emploi. L’on se voit surtout attribuer un emploi à cause de son appartenance à telle tribu ou ethnie, à tel parti politique, ou moyennant une certaine somme d’argent. On constate également que les choix opérés par les jeunes en matière de formation et d’emploi, répondent plus aux besoins de survie qu’à une vocation au sens weberien du terme, ce qui explique un certain laxisme dans les services où l’éthique professionnelle devient un luxe et la corruption une règle de survie.

Par ailleurs, dans le domaine de l’éducation, la situation est préoccupante au Congo, et les difficultés sont liées à la situation socio-économique des parents. Les familles les plus démunies connaissent plus de difficultés pour scolariser leurs enfants. Malgré la baisse des salaires, les frais de scolarité n’ont cessé d’augmenter, ce qui oblige les parents congolais à s’endetter pour assurer l’éducation de leurs enfants. Cette situation oblige certaines familles à faire un choix entre les filles et les garçons. Ainsi, mettre une fille à l’école est parfois problématique en ce sens qu’on privilégie les garçons.

Pour ce faire, le système éducatif congolais a besoin de réformes profondes parce que l’école doit être le premier instrument de paix, de solidarité, de cohésion sociale et de lutte contre la pauvreté. Un tel objectif est incompatible avec le statut social des enseignants congolais mal rémunérés et livrés à des pratiques de corruption : corruption pour l’admission d’un élève dans un établissement, une classe ; corruption pour l’obtention des notes, corruption pour la réussite aux examens et concours, etc. Le résultat final est que le savoir se déprécie de plus en plus, et il se manifeste là, une forme de pauvreté morale et intellectuelle.

En définitive, notons tout de même que la Conférence Internationale de Jomtien, en Thaïlande, a adopté la Déclaration mondiale sur l’éducation pour tous dont les objectifs sont les suivants (UNESCO 1990) :

1. Toute personne –enfant, adolescent ou adulte- doit pouvoir bénéficier d’une formation conçue pour répondre à ses besoins éducatifs fondamentaux.

2. En pourvoyant à ces besoins, on confère aux membres de toute société la capacité ainsi que la responsabilité correspondante de respecter et faire fructifier leur patrimoine culturel, linguistique et spirituel commun, de promouvoir l’éducation d’autrui, de défendre la cause de la justice sociale, de protéger l’environnement, de se montrer tolérant envers les systèmes sociaux, politiques ou religieux différents du leur, en veillant à ce que les valeurs humanistes communément admises et les droits de l’homme soient sauvegardés, et d’œuvrer pour la paix et la solidarité internationale dans un monde caractérisé par l’interdépendance.

3. Un autre but, non moins fondamental, du développement de l’éducation est la transmission et l’enrichissement des valeurs culturelles et morales communes. C’est en elle que l’individu et la société trouvent identité et leur valeur.

4. L’éducation fondamentale n’est pas seulement une fin en soi. Elle est l’assise d’une formation permanente et d’un développement de l’être humain, sur la quelle les pays peuvent édifier de façon systématique d’autres niveaux et d’autres types d’éducation et de formation. »1 

Par Joseph Amzati.

Etudiant en Droit à l’Université Catholique de Bukavu.

1 Gianna Pallante, Ecole et mondialisation en Afrique, Presse de l’Université Catholique d’Afrique Centrale, Yaoundé, 2005, pp 21 – 22.

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